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Comment protéger nos aînés ?

Voici quelques pistes pour être sûr que nos anciens soient bien traités.

Comment choisir la maison de retraite ?

Tout d’abord déterminons l’emplacement idéal :
  • Est-elle proche de la famille ?
  • Quid des transports en commun pour faciliter les visites ?
  • Etudiez les offres proposées (activités, sorties, services thérapeutiques…)
  • Visitez plusieurs fois les maisons sélectionnées « à différents moments de la journée et de la semaine »,
  • «Pensez à discuter avec le personnel plutôt qu’avec la direction, ce sont les aides-soignants qui seront au plus près de vos proches», fruit d’un conseil d’une ex-infirmière d’Ehpad, auteur du livre «J’ai rendu mon uniforme» (2019, Éd. du Rocher).
  • Demandez également à lire le compte rendu du conseil de la vie sociale (composé de représentants des résidents, des familles et du personnel de l’établissement).
  • Soyez attentif aux effectifs mis au service des résidents. Le ratio acceptable est de six soignants pour dix résidents. Or, la moyenne actuelle est de trois pour dix.
  • Vérifiez aussi les heures de repas, le temps passé entre dîner et petit déjeuner, facteur de dénutrition. Souvent, pour libérer le personnel, les repas du soir sont servis très tôt.
  • Le label Humanitude permet d’évaluer la qualité du « prendre soin ». La méthode repose sur quatre piliers. Le regard, d’abord, qui doit s’échanger les yeux dans les yeux. La parole ensuite, qui doit annoncer et expliquer chaque geste. Le toucher : il s’agit de transformer le «toucher utile» en «toucher tendresse», explique l’association. Et enfin, la verticalité. Finies les toilettes au lit et les patients qui ne quittent pas leur matelas.

Quels signes doivent alerter ?

Les personnes âgées se taisent souvent par peur des représailles. Ces signaux d’alertes peuvent être physiques, comme une apparence négligée, une tenue non adaptée au temps ; des blessures ; une prise de médicaments (notamment de calmants) ou absorption d’alcool excessive ; une perte de poids inexpliquée ; des chutes à répétition… Soyez attentifs aux symptômes dépressifs, signes de méfiance…
L’hygiène est un des gros points noirs.
Des témoignages qui évoquent une seule douche mensuelle. C’est inadmissible. Il faut d’obliger les établissements à en proposer deux par semaine. « L’établissement doit sentir bon, sinon cela signifie qu’il économise sur les protections urinaires », fait remarquer un ancien directeur d’Ehpad.

La vigilance doit être faite sur l’administration des médicaments – pas toujours les bons – et les soins, avec par exemple des infections détectées tardivement ou minimisées.

Que faire en cas de doute ?

Si une maltraitance est soupçonnée de la part d’un professionnel, contactez son supérieur hiérarchique. Appelez également le 39 77, la plate-forme d’écoute gérée par ALMA, l’association allô maltraitance des personnes âgées et/ou personnes handicapées. « Une personne écoutera votre présentation de la situation et vous conseillera sur les démarches à entreprendre », précise le portail national d’information pour l’autonomie des personnes âgées.

Plus c'est cher, mieux c'est ?

Dans un établissement plus cher, les chambres sont souvent plus spacieuses, le mobilier plus solide, le cadre parfois plus agréable. Mais clairement un établissement plus cher n’est pas un gage de meilleure qualité. Le prix médian en Ehpad est de 1953 euros par mois, les tarifs peuvent s’envoler jusqu’à 4000 ou 5000 euros.
Les établissements publics ont plus d’infirmiers et d’aides-soignants que dans le privé, mais si cela reste largement insuffisant. Reste que le prix est souvent un frein pour les personnes âgées et leurs familles, qui ne savent pas toutes à quelles aides elles peuvent prétendre, ou ne les sollicitent pas – notamment l’Aide sociale à l’hébergement (ASH). Et pour cause : une femme seule, avec 900 euros par mois, peut bénéficier de l’ASH. Mais le conseil départemental peut engager un recours auprès des enfants et des petits-enfants pour qu’ils participent. Certains renoncent donc à demander cette aide, il faut espérer une réforme.

Et nous, comment ne pas être maltraitant ?

Le plus important est d’aller voir son père ou sa grand-mère régulièrement. Une bénévole dans un Ehpad fait remarquer que le personnel manque de temps pour parler, plaisanter avec les résidents, or c’est très important pour leur bien-être. Ceux qui ont régulièrement de la visite sont plus apaisés. Aux proches également de se faire les porte-voix des personnes âgées.
Elle souligne que certaines n’osent pas dire ce qui ne va pas ou ne sont plus en mesure de le faire, elles ruminent, se fâchent ou s’isolent. Plus les familles viennent souvent, plus elles peuvent remarquer ce qui cloche. De la viande coupée en trop gros morceaux, une carafe d’eau systématiquement posée à l’autre bout de la chambre alors que votre mère a du mal à se déplacer… Cela semble être un détail, mais à force, elle ne boit plus, elle s’alimente mal. Il faut intervenir.
Une ex-infirmière en Ehpad assure qu’être présent permet aussi de stimuler les personnes âgées et de ralentir les dégénérescences cognitives. Plus elles voient de visages, mieux c’est, même si on a l’impression que parfois la personne ne vous reconnaît pas et que cela ne sert à rien.
Ces visites peuvent être éprouvantes pour les proches, mais si on se sent débordé, il ne faut pas hésiter à prendre contact avec le psychologue de l’Ehpad qui peut aider non seulement les résidents mais aussi, on le sait peu, les familles.

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